Huddersfield et David Wagner, le « petit Klopp » pas si petit que ça…

Après six journées de Premier League et neuf points pris sur dix-huit, Huddersfield est 8éme, à deux points de la quatrième place et montre de belles choses sur le terrain. L’ADN du jeu Kloppien et allemand en général est bel et bien présent dans cette équipe. Un contre-pressing étouffant et un jeu léché ont permis au vieux champion de se faire une place dans cette Premier League si disputée. 

Un gegenpressing bien huilé

Auteur de quatre clean-sheets en 6 matchs, les hommes de David Wagner reproduisent à merveille le célèbre gegenpressing de Jurgen Klopp. Avec un bloc haut mené par Schindler, un porteur de balle immédiatement harcelé à la perte de la balle et des lignes de passes directement sectionnées, peu de solutions permette de tenir un ballon correctement et se montrer dangereux pour les adversaires. Essentiellement déclenché par Steve Mounié et Aaron Mooy, le pressing s’effectue rapidement et doit respecter la fameuse « règle des 6 secondes » selon laquelle le ballon doit être récupéré dans les six  secondes sinon le bloc adverse se reconstruit et courir après les adversaires devient peu efficace. Le 4-2-3-1 fetiche du technicien allemand facilite ce pressing avec une pointe et deux ailiers capable de cerner aussi bien un DC comme un latéral ou un relayeur adverse en créant toujours le surnombre et l’encadrement nécessaire à l’application de la méthode.

On pourrait s’attendre à de grands espaces disponibles dans le dos de la défense, mais pas du tout et c’est là un des atouts du jeu Terriers cette saison. Le pressing est quasi-parfaitement effectué et ne laisse pas le temps ou l’espace aux adversaires pour trouver ces zones délaissées par le pressing. Le modèle pourrait cependant être inefficace face aux grosses écuries possédant une grande qualité technique au milieu.

Huddersfield a effectué le plus grand nombre de tacles cette saison et est auteur de quatre clean-sheets, deuxième derrière Man Utd.

Renversement et verticalité

Une fois le ballon récupéré, deux options s’offrent aux Terriers : exploiter l’espace libre laisser par l’écartement adverse et l’ouverture du jeu ou ressortir sur la charnière et une reconstruction solide. La seconde option sera généralement préférée à la première selon que l’adversaire presse ou se replace. On voit donc les deux latéraux manger la ligne de touche pour ouvrir et étirer le bloc adverse tandis que le portier danois, Jonas Lössl, sort de ses 16,5m pour former un triangle avec sa charnière. Qualité technique et mouvements assure la transition entre les latéraux via les DC jusqu’à l’ouverture d’espaces immédiatement investis avec un jeu très vertical et rapide.

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Une fois cette transition def -> att opérée, les ailiers (Kachunga et Thomas Ince en général) viennent parfaitement s’insérer dans les half-spaces des deux cotés du terrain pour former un triangle et devenir troisième homme en combinaison avec les latéraux et les relayeurs. Le décalage se crée et permet à Aaron Mooy de tenter sa chance en dehors de la surface ou libère un latéral pour centrer sur Steve Mounié et ses 1m90.

Peu novateur mais terriblement efficace

Si les idées et le jeu proposé par David Wagner ne sont pas révolutionnaires ou inédites, elles sont extrêmement bien appliquées et rigoureusement poussées. Chaque déplacement de chaque joueur sur le terrain est réfléchi de manière à mener vers une phase ou une situation travaillée à l’entraînement. De même pour l’alimentation et la préparation des joueurs. Titulaire d’un diplôme en sciences du sport, le technicien allemand prépare ses joueurs de manière optimal et drastique pour pouvoir tenir la cadence imposé par ce système durant 90 minutes.

Après avoir débuté la saison d’une telle manière,  une confrontation face à une équipe du top 6 serait bienvenue et permettrai de se faire une véritable idée du potentiel de l’effectif. Ce qui est certain, c’est que nous n’avons pas fini d’entendre parler d’eux.

 

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